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Permanence des soins ambulatoires : les docteurs juniors enfin rémunérés pour leurs gardes
À l’approche de l’entrée en vigueur de la 4e année d’internat de médecine générale, le Gouvernement encadre la participation des docteurs juniors à la permanence des soins ambulatoires. Des textes publiés au Journal officiel fixent désormais les niveaux de rémunération applicables aux gardes et aux activités de régulation médicale.
Mise à jour le
Une nouvelle étape dans la reconnaissance du rôle des futurs généralistes
À quelques mois de l’entrée en 4e année des internes de médecine générale, le Gouvernement précise enfin les modalités de rémunération des docteurs juniors engagés dans la permanence des soins ambulatoires (PDSA).
Deux textes réglementaires (un décret et un arrêté) publiés au Journal officiel viennent encadrer financièrement leur participation volontaire aux gardes et à la régulation médicale. Une mesure attendue par les représentants de la profession, alors que les tensions sur l’accès aux soins continuent de fragiliser les territoires.
Un cadre officiel pour les gardes des docteurs juniors
Le dispositif se concentre sur les docteurs juniors de médecine générale amenés à intervenir dans le cadre de la permanence des soins ambulatoires. Cette organisation permet d’assurer une continuité des prises en charge médicales en dehors des horaires habituels d’ouverture des cabinets, notamment la nuit, les week-ends et les jours fériés.
Jusqu’à présent, la question de la rémunération de ces nouvelles missions demeurait floue. La publication de textes officiels apporte désormais un cadre précis pour les internes concernés par la réforme du diplôme d’études spécialisées de médecine générale.
Ainsi, la réglementation prévoit désormais que les docteurs juniors pourront participer, sur la base du volontariat, soit à des activités de régulation médicale, soit à des gardes effectives dans le cadre de la PDSA. Cette participation s’inscrit dans leurs obligations de service durant leur stage ambulatoire.
Une indemnisation différenciée selon les missions
Les montants retenus varient selon la nature de l’activité exercée.
Pour les activités de régulation médicale, les docteurs juniors formés à cette pratique percevront une rémunération forfaitaire fixée à 50 euros bruts par heure. Cette mission consiste notamment à répondre aux appels adressés aux plateformes de régulation afin d’orienter les patients vers la réponse médicale adaptée.
Concernant les gardes de permanence des soins, plusieurs niveaux d’indemnisation ont été définis.
Une garde complète de nuit, couvrant une période de 12h entre 20h et 8h, donnera lieu à une rémunération brute de plus de 420 euros. Le même montant s’appliquera aux gardes effectuées les dimanches et jours fériés en journée.
Les vacations plus courtes, notamment les débuts de soirée ou les permanences assurées le samedi après-midi, feront quant à elles l’objet d’une indemnité avoisinant les 211 euros bruts.
Ces montants rapprochent le statut des docteurs juniors des modalités déjà existantes pour d’autres professionnels impliqués dans la continuité des soins.
Une réforme liée à la 4e année d’internat
Cette évolution réglementaire intervient dans le contexte de la réforme du 3e cycle des études médicales. À partir du 1er novembre 2026, les premiers internes de médecine générale concernés par l’allongement de la formation entreront dans leur 4e année, sous le statut de docteur junior.
Cette année supplémentaire vise à renforcer la professionnalisation des futurs médecins généralistes grâce à une immersion plus importante dans les territoires et dans les structures ambulatoires. L’objectif affiché par les pouvoirs publics est double : améliorer la qualité de la formation et répondre aux difficultés d’accès aux soins dans certaines zones.
Les docteurs juniors exerceront avec davantage d’autonomie qu’au cours des précédentes années d’internat, tout en restant encadrés par des praticiens expérimentés.
Un enjeu d’attractivité pour la médecine générale
Au-delà de l’aspect réglementaire, cette reconnaissance financière constitue aussi un signal adressé aux futurs médecins généralistes. Depuis plusieurs années, les organisations représentatives des internes alertent sur les risques d’une surcharge de travail insuffisamment compensée, notamment dans le cadre des gardes.
La mise en place d’une rémunération dédiée pourrait contribuer à rendre ces missions plus attractives, alors que la permanence des soins repose déjà sur un équilibre fragile dans de nombreux territoires.
Pour les établissements de santé et les acteurs hospitaliers, cette évolution est également suivie avec attention. Même si la PDSA relève principalement de l’exercice ambulatoire, son efficacité conditionne directement l’activité des services d’urgences hospitaliers. Une meilleure couverture médicale en ville peut en effet limiter certains recours évitables aux urgences.
Une organisation territoriale sous tension
Cette mesure intervient dans un contexte de fortes tensions démographiques médicales. Dans plusieurs départements, la permanence des soins peine à être assurée de manière homogène, faute d’un nombre suffisant de médecins volontaires.
Les agences régionales de santé (ARS) et les collectivités multiplient les initiatives pour maintenir des dispositifs opérationnels, notamment dans les territoires ruraux ou sous-dotés. L’intégration progressive des docteurs juniors dans cette organisation pourrait offrir un renfort ponctuel apprécié par les professionnels déjà mobilisés.
Reste désormais à observer la manière dont ces nouvelles dispositions seront mises en œuvre sur le terrain et si elles suffiront à encourager durablement l’engagement des futurs généralistes dans la continuité des soins.
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