Départs en retraite massifs, difficultés de recrutements, attractivité… La difficile équation de la FPT

Départs en retraite massifs, difficultés de recrutements, attractivité… La difficile équation de la FPT

Départs en retraite massifs, difficultés de recrutements, attractivité… La difficile équation de la FPT

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La fonction publique territoriale se retrouve actuellement confrontée à des défis majeurs. S’ils ne sont pas habilement relevés, ils risquent de peser sur la qualité des services publics.

Le dernier rapport annuel sur l’état de la fonction publique met en avant des données marquantes qui n’évoluent pas depuis le précédent rapport de 2024 :

  • La moyenne d’âge dans la FPT est de 46 ans, elle est de loin le versant le plus âgé
  • Seuls 11 % de ses agents ont moins de 30 ans
  • Logiquement, sa pyramide des âges est en forme de champignon. C’est le témoignage de futurs départs massifs.
  • Or le site emploi-territorial.fr affiche en moyenne 25 000 postes à pourvoir en permanence, dont 30 % de catégorie A. C’est le signe de difficultés de recrutements.

Dans ce contexte de nombreux observateurs relancent alors le débat sur l’attractivité.

8 agents sur 10 jugeraient que les parcours de carrières ne sont pas adaptés aux nouveaux entrants.

Et même les concours, voie traditionnelle de recrutement, ne sont plus des vecteurs efficaces. Ils ne constituent qu’une voie minoritaire d’accès et connaissent une baisse importante de leurs taux de sélectivité : le nombre de présents aux concours externes de la FPT a baissé de 20 % entre 2011 et 2022, alors que le nombre de postes o­uverts a augmenté de 29 %.

Face à ces difficultés, quelques pistes sont mises en avant par le cabinet Michael Page :

  • Investir dans la fonction recrutement et mettre en place des marques employeurs
  • Développer les nouveaux talents notamment par le biais de l’apprentissage
  • Se tourner vers les candidatures de seniors : 100 000 cadres de plus de 55 ans sont inscrits à France Travail
  • Faciliter l’accès au statut qui reste un levier d’attractivité

Si les chiffres du rapport annuel sur l’état de la fonction publique font échos aux données de son Observatoire, pour Adelyce, ces pistes semblent être insuffisantes au regard de la situation.

Oui la FPT se tient face à un défi de taille…

Selon les estimations d’Adelyce, 33 % des agents de la FPT partiront en retraite dans les 10 ans à venir en fonction des hypothèses d’âges légaux retenus (62 ou 64 ans).

Sur les 1,94 millions d’agents de la FPT, cela représenterait environ 640 000 départs.

Ce volume très important interroge forcément sur la capacité qu’auront les collectivités à remplacer ces agents partants.

Sachant que chaque année la population active bondit d’environ 300 000 personnes, il faudrait que dans les 10 prochaines années, environ 20 % des futurs actifs intègrent la FPT. Ce scénario semble irréaliste :

  • la FPT représente aujourd’hui seulement 6,2 % des actifs en France
  • elle est confrontée à des problèmes d’attractivité (la note de synthèse de France stratégie évoque même le risque d’une perte d’attractivité durable de la fonction publique). En effet, dans la fonction publique territoriale, ce sont les deux tiers des collectivités territoriales qui connaissent des tensions, structurelles et récurrentes, singulièrement sur les métiers d’intervention technique et les services à la population.
  • une concurrence forte existe déjà avec le secteur privé et pourrait être aggravée si le développement des stratégies de marque employeur ne sont pas construites à des niveaux de regroupements pertinents.

… mais c’est aussi une opportunité

Le contexte pourrait amener les employeurs territoriaux à repenser leur organisation et l’exercice de leurs missions, tout en gardant comme préoccupation principale une qualité de service rendu aux administrés :

En parallèle, le régime indemnitaire reste un enjeu majeur pour améliorer l’attractivité de la fonction publique territoriale et redonner du sens aux mécanismes de rémunération.

Dans une étude exclusive, Adelyce rappelle que par rapport aux objectifs initiaux visés par l’État, il apparait inéluctable que le bilan RIFSEEP soit à tempérer en raison d’un dispositif encore trop partiellement abouti.

Le CIA ne représente seulement que 1% de la rémunération globale des agents.

Une prime au mérite avait été annoncée par un ancien ministre de la Transformation et la Fonction Publiques pour récompenser favorablement le travail des agents. Une annonce qui s’était démontrée fort très étonnante quant on sait que le CIA détient déjà la vocation de remplir ce rôle.

Nul ne sait actuellement si cette prime au mérite sera réellement mise en œuvre, la place qu’elle prendra et comment elle pourra se conjuguer avec le complément indemnitaire annuel.

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