SMIC : Nouvelle hausse automatique au 1er juin 2026

Après une première revalorisation intervenue le 1er janvier 2026, le SMIC devrait à nouveau augmenter automatiquement dès le 1er juin prochain. Le retour de l’inflation au-dessus du seuil légal de 2 % devrait activer mécaniquement le dispositif prévu par le Code du travail.

Mise à jour le

Pourquoi le smic augmente en juin 2026 ?

Le mécanisme est automatique. Lorsque l’indice des prix à la consommation des ménages modestes progresse d’au moins +2 % depuis la dernière revalorisation du SMIC, une hausse doit être appliquée sans décision politique particulière. Ce dispositif est prévu par l’article L3231-5 du Code du travail.     

Selon l’INSEE et les chiffres définitifs, il est précisé que « l’indice des prix à la consommation, hors tabac, des ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie augmente de 2,5 % par rapport à novembre 2025, soit l’indice de la dernière revalorisation annuelle du Smic. »

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a donc annoncé le 13 mai une hausse de 2,4% du SMIC. Elle entrera automatiquement en vigueur au 1er juin.            

Il est à noter que cette reprise inflationniste serait principalement liée à la flambée des prix de l’énergie et des carburants dans un contexte de tensions internationales persistantes.

Quel serait le nouveau montant du SMIC au 1er juin 2026 ?

Le SMIC horaire brut devrait ainsi passer d’environ 12,02 euros à 12,31 euros selon les projections retenues. Le salaire mensuel brut pour un temps plein de 35 heures atteindrait environ 1 866,76 euros contre 1 823,03 euros depuis le 1er janvier 2026.    

Pour tous les salariés concernés, cela représenterait un gain mensuel proche de 44 euros bruts.

Quelles conséquences dans la fonction publique ?

Le traitement indiciaire minimal dans la fonction publique demeure actuellement fixé à l’indice majoré 366, correspondant à 1 801,74 euros bruts mensuels. Le Conseil d’État a consacré, comme principe général du droit, l’obligation pour les employeurs publics de garantir à leurs agents une rémunération au moins égale au montant du SMIC.              

Afin d’assurer le respect de ce principe, le Gouvernement a, ces dernières années, instauré successivement des relèvements du minimum de traitement (d’avril 2021 à juillet 2023).

L’indemnité différentielle, quant à elle, a été réactivée fin d’année 2024 et ne se concentrait initialement que sur les agents rémunérés à l’indice majoré 366, pour un complément quasi symbolique de 0,06 euros bruts mensuels. D’après les estimations de la DGAFP, environ 230 000 agents étaient alors concernés.           

Depuis le 1er janvier 2026, son montant atteint 21,23 euros au niveau du traitement de base plancher (IM 366). À titre de simulation, une revalorisation du SMIC de +2 % conduirait à porter cette indemnité brute à près de 65 euros, soit une hausse d’environ 44 euros dès le 1er juin 2026.

Dans ce scénario, le dispositif s’étendrait aux agents rémunérés entre les indices majorés 366 et 379 inclus. Si l’on entre dans le détail des grilles de catégorie C, les effets deviennent particulièrement marqués.

De notables impacts sur les grilles de catégorie C

Sur la grille C1, la quasi-totalité de la carrière serait concernée, avec 11 échelons sur 12 couverts par l’indemnité différentielle. La progression indiciaire y est donc très largement neutralisée, chaque gain d’échelon étant absorbé par la diminution du complément indemnitaire.

La grille C2 serait également fortement impactée, avec environ 7 échelons sur 12 concernés. Là encore, les écarts indiciaires deviennent insuffisants pour produire un gain réel de rémunération, l’indemnité jouant un rôle d’ajustement permanent au niveau du SMIC.           

Sur la grille C3, le phénomène se concentrerait sur les débuts de carrière, avec les 3 premiers échelons concernés. Cela illustre un effet de diffusion progressive du SMIC vers le haut des grilles.

Au total, ce mécanisme conduirait à un écrasement des débuts de carrière en catégorie C : plusieurs avancements d’échelon pourraient se traduire par une rémunération brute identique malgré une indemnité différentielle dégressive. Le déroulement de carrière perd ainsi une grande partie de sa portée financière, ce qui peut susciter des interrogations pour les agents.

Certaines grilles de catégorie B également touchées

Les premiers niveaux de la catégorie B ne seraient pas non plus épargnés. La grille B1 serait ainsi impactée sur ses 5 premiers échelons tout comme la grille B2 sur les 2 premiers échelons, prolongeant ce phénomène d’écrasement en dehors de la seule catégorie C.     

Au-delà des effets immédiats en matière de pouvoir d’achat, ce mécanisme soulève également un enjeu de financement des retraites. Chaque euro versé sous forme indemnitaire échappe en partie à l’assiette de cotisation CNRACL. Cet état de fait pénalise à la fois les droits futurs des agents et les recettes du régime, dans un contexte déjà fragilisé mis en évidence par les inspections générales dans leur récent rapport sur la situation de la caisse.

Une indemnité différentielle critiquée

Ce mécanisme d’indemnité différentielle suscite néanmoins des réserves dans la fonction publique territoriale. Bien qu’elle ait pour vocation à garantir une rémunération au moins égale au SMIC, elle prend la forme d’une prime, distincte du traitement indiciaire brut.

Cela crée une situation paradoxale pour les agents titulaires : l’indemnité compense en réalité une part du traitement de base indiciaire (TBI) mais n’est pas intégrée à celui-ci. Elle n’entre donc pas dans le calcul de certains droits et cotisations (notamment pour la retraite, les avancements d’échelon ou certaines indemnités).  

Cette présentation sous forme indemnitaire plutôt qu’indiciaire est ainsi perçue comme une dénaturation du principe d’égalité de traitement et comme un palliatif temporaire plutôt qu’une mesure structurelle d’ajustement du bas de la grille. 

Quel effet budgétaire pour les collectivités ?

La conséquence financière de la revalorisation du SMIC est modérée. Pour la majorité des collectivités et de leurs établissements publics, la dépense additionnelle liée à l’extension de l’indemnité différentielle devrait représenter entre +0,04 % et +0,8 % de la masse salariale sur les 7 mois d’application de juin à décembre 2026. Ce qui constitue un montant supplémentaire à l’impact de la réforme au 1er janvier 2026 qui était de + 0,04 % en année pleine.  

Cette augmentation du SMIC concernera les rémunérations des contractuels de droit privé (apprentis et contrats aidés) mais aussi les profils à statut particulier (assistants maternels et assistants familiaux). Pour les assistants familiaux, l’effet budgétaire pour les conseils départementaux sera plus important au regard du nombre d’agents.   

Le véritable défi repose désormais, non pas sur la progression du coût des agents, mais sur la maitrise des effectifs tel que le recommande rigoureusement la Cour des comptes dans le fascicule 2 de son rapport annuel sur les finances publiques locales.

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